Gouverner c’est prévoir

En place depuis 16 ans, le maire a trouvé son prochain slogan de campagne. Il répète à l’envie avoir géré la ville  » en bon père de famille « . Pour preuves, un endettement réduit et des ratios financiers au vert. Sauf que les statistiques sont trompeuses. Thonon fait en effet partie des 1.639 communes (sur 36.680) qui n’ont pas rejoint un établissement de coopération intercommunale à fiscalité propre.

A se comparer aux derniers du peloton, le résultat est toujours flatteur ! Or, nous figurons parmi les 4,5% de communes (10% de la population), qui n’ont pas profité des moyens supplémentaires qu’autorise ce type de coopération : aides de l’Etat (+30%), économies d’échelle, mutualisation des investissements et harmonisation des politiques économiques et fiscales.

La question du désendettement est encore plus édifiante. Après des augmentations d’impôts en 2000 (7M€ de recettes conservés malgré la départementalisation du service de secours et d’incendie) et en 2003 (+8,50%), le maire s’est fait le chantre du désendettement. Sauf que ne pas emprunter quand les taux d’intérêts sont historiquement bas revient à se priver d’un levier précieux. Et financer des biens d’équipement durables par l’impôt équivaut à faire supporter au contribuable d’aujourd’hui des dépenses qui profiteront à celui de demain. On est donc loin de la bonne gestion ; surtout que les défis ne manquent pas.

Grâce à l’amélioration de ses voies de communication avec Genève, Annecy nous dispute la manne économique que constituent le travail frontalier et les transferts financiers associés (3M€ rien que pour les fonds genevois). Pendant ce temps, nous ne tirons pas profit des liaisons lacustres avec Lausanne. Le besoin d’un parking relais impose en effet de déplacer l’embarcadère en réhabilitant l’ancien ponton de Ripaille. Nous pourrions ainsi aménager une gare lacustre digne de ce nom, valoriser un site touristique unique et réduire la dégradation des berges.

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