ZAC Marclaz

Marclaz

Conseil municipal du 29 mai 2013 – Question de M. Arminjon

Par délibération du 26 octobre 2011, vous avez décidé la cession de terrains communaux cadastrés BH n° 163 et 201 et sis dans la zone d’activité dite « Espace Léman » à Marclaz, pour une surface totale de 9.425 m2.

Stipulée au prix de 200 euros le mètre carré, cette vente avait pour but de (sic) « favoriser le développement économique et la création d’emplois sur la commune ». Dans l’exposé des motifs, vous avez précisé que « la plus-value architecturale a primé lors de la décision » (sic). (Cf. compte-rendu de séance du 26.10.11) Et d’ajouter que « l’opération a été transparente, notamment au travers de la publicité du projet sur le site Internet de la Ville, et l’insertion paysagère a été favorisée pour une mise en valeur de l’entrée de la Ville, ainsi que son volet aménagement pour valoriser le terrain et les activités à venir ».

Seule notre liste THONON DEMAIN s’est opposée à cette délibération, émettant de sérieux doutes quant à la régularité de la procédure ayant conduit au choix de l’attributaire. Il était en effet pour le moins étonnant que la Commission d’appel d’offres – dont s’est l’attribution – n’ait pas été saisie pour, d’une part, élaborer le cahier des charges de la vente et, d‘autre part, sélectionner les candidats et leurs offres.

Réinterrogé lors de notre séance du 29 février 2012 sur une possible modification du projet après attribution, vous avez répondu que « le projet était équivalent » et le prix inchangé. (Cf. compte-rendu de séance du 29.02.12 Le choix de la société FREY ayant procédé d’une analyse comparative des offres sur la base d’un cahier des charges, nous nous sommes logiquement reportés à ce document, établi par vos services et validé par vous :

En préambule, il était rappelé que les deux parcelles situées le long de la route de Genève n’avaient pas été urbanisées jusqu’alors, afin de « maintenir les vues sur les grands paysages ». Dans ce but et celui de « préserver la qualité paysagère de la zone d’activité » des préconisations spécifiques ont été intégrées au cahier des charge de la vente.

Au chapitre « Volume des constructions », il était ainsi spécifié que « afin de favoriser la préservation des vues sur les grands paysages, ainsi que la visibilité des bâtiments commerciaux et leurs enseignes situées au sud des parcelles, la hauteur des constructions sera limitée à quatre mètres par rapport au niveau le plus bas du terrain naturel ». (Cf. cahier des charges page 6)

Au titre des critères de sélection des offres, une importance particulière était accordée à « l’insertion du projet dans l’environnement (impact sur le milieu physique et naturel, sur le paysage, sur les enseignes préexistantes au sud) et la qualité architecturale et paysagère ». (Cf. cahier des charges page 9)

On peut donc légitimement s’interroger sur les raisons qui vous ont conduit à accorder à la société FREY un permis de construire en totale méconnaissance des objectifs que vous aviez vous-mêmes fixés. Il appert en effet d’un recours formé contre votre autorisation et des articles de presse qui s’en sont fait l’écho, que le bâtiment en cours de réalisation présente une hauteur, non pas de quatre mètres, mais de six mètres. Il s’ensuit une atteinte indéniable aux vues sur les grands paysages, constitués notamment de la partie septentrionale du massif du Chablais et notamment de la Dent d’Oche.

L’autre conséquence est une concurrence déloyale à l’égard des commerces situés au sud du projet, dont les enseignes sont masquées par un bâtiment monolithique, qui confine au degré zéro de l’architecture :

S’agissant d’une entrée de ville, on ne peut que regretter que vous ayez, une fois de plus, cédé devant des intérêts particuliers. Aussi dois-je vous inviter, Monsieur le maire, à méditer ces propos tirés de l’étude du plan paysage que vous avez initiée le 20 décembre 1996 et dont les résultats sont restés lettre morte depuis la synthèse de la phase de diagnostic arrêtée en novembre 2000 :

« Les entrées de ville sont en général l’illustration la plus visible des désordres apparents de la péri-urbanité…
De nos jours, les abords des grandes infrastructures routières, en particulier à l’entrée des villes, répondent à un stéréotype : prolifération de constructions à usage d’activité ou de services implantés sans grande préoccupation architecturale et d’intégration au site. Cette urbanisation réalisée au coup par coup, au gré des opportunités foncières et des besoins, s’est imposée dans la plus grande anarchie. Constructions à l’architecture simplifiée, façades criardes tournées sur les axes routiers, absence de gestion intercommunale en faveur des paysages contribuent à dégager des images dévalorisantes de ces lieux trop souvent synonymes d’enlaidissement du tissu urbain périphérique.  » (Cf. étude page 256)

Monsieur le maire, quand allez-vous mettre vos actes en conformité avec vos paroles ? Allez-vous continuer longtemps à gâcher ce qui fait notre richesse commune, à savoir nos paysages et notre cadre de vie ?

S’il vous reste un tant soit peu de respect pour notre ville, il vous faut retirer cette autorisation de construire. En toute logique, la vente a été conclue sous condition de respecter le cahier des charges ayant servi à la mise en concurrence. Vous disposez par conséquent d’un moyen juridique opérant.

Commentaires fermés