Comptes 2015 : A votre santé !

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Monsieur le Maire, Chers collègues. Avec la présentation du compte administratif, nous sortons de l’affichage politique et les effets d’annonce du budget primitif cèdent la place à la vérité des chiffres.

L’examen des comptes de l’exercice passé est donc l’occasion de faire un bilan de votre gestion et de vérifier si les promesses ont été tenues. Celles faites durant votre campagne électorale bien sûr ; mais vous n’en êtes comptable que devant vos électeurs. Celles aussi que nous avons formulées à l’occasion de nos débats au sein du Conseil municipal.

Or, de ce point de vue, le résultat est conforme à nos craintes, avec des recettes qui n’augmentent plus depuis trois ans, alors que la population continue de croître (+2%) et que les bases fiscales sont revalorisées annuellement (+1%).

Côté dépenses, la contraction est sans précédent et les coupes budgétaires ont porté pour la première fois sur les dépenses de personnel (-1,4%). Du coup, les marges financières s’effondrent avec un autofinancement réduit de moitié par rapport à 2011.

Difficile dans ces conditions de financer son programme électoral sans recourir massivement à l’emprunt (6 fois plus qu’en 2011). L’encours de dette par habitant (1184 €) est désormais supérieur à la moyenne des villes comparables et la pression fiscale devrait suivre cette tendance avec l’entrée en vigueur des hausses d’impôts que vous avez votées pour 2016 (+8%).

Côté investissement, les retards accumulés avant 2008 ne pourront être rattrapés dans un contexte de baisse des subventions d’équipement et d’accès restreint au crédit. Et ce d’autant, que le taux de réalisation en 2015 est l’un des plus faibles de la période avec 68 € effectivement investis pour 100 € annoncés.

Nous sommes donc loin de la gestion en bon père de famille que vous défendiez Monsieur le maire, il y a peu encore…

Or, cette dégradation brutale des finances communales aurait pu être évitée. En effet, depuis 2007, nous vous alertons sur la nécessité d’anticiper le désengagement de l’Etat en maîtrisant mieux les dépenses et en élargissant les bases taxables par le développement économique.

Résultat : le budget de l’action économique n’a fait que baisser ces dernières années et les dépenses de fonctionnement ont toujours augmenté plus vite que les recettes. Difficile de faire pire. Raison pour laquelle la rigueur prend désormais le pas sur l’imprévision.

Dans un autre registre, mais toujours à propos de votre gestion, nous aimerions évoquer la situation de deux services communaux : celui de la communication et votre Cabinet.

En 2009, j’avais opéré une vérification des pièces comptables de votre Cabinet et relevé un montant de frais de bouche pour près de 14.000 euros, relevant au passage des dépenses anormales comme des bouteilles de vin à 200 euros pour des repas pris le plus souvent à deux convives. Un journaliste s’en était ému à l’époque et je me souviens même d’un article intitulé « Les factures g’astronomiques du Cabinet ».

Procédant cette année au même contrôle, nous avons constaté qu’une bonne part des factures de restaurant était désormais basculée sur le service communication, pour un total dépassant cette fois les 20.000 euros.

Ce seul montant interpelle lorsqu’on le rapproche des efforts qui sont demandés à tous les services pour réaliser des économies et pallier ainsi vos erreurs de gestion passées. C’est tout bonnement inacceptable.

Notre surprise sera plus grande encore, lorsque que nous constaterons que près d’un quart du montant est dépensé à l’extérieur de Thonon, sans nécessité de service. Les restaurateurs acquittant des taxes sur Thonon apprécieront…

Si l’on entre dans le détail, et sans que cela soit exhaustif, on dénombre 153 repas, le plus souvent agrémentés d’apéritifs, de vin et de digestifs, pour un coût par convive atteignant parfois 100 euros.

On frise l’indécence. D’autant que la moitié concerne deux convives, parfois même un seul, et que beaucoup ne sont pas formellement rattachés à une action communale.

Et pour cause ! Les recommandations de la Chambre régionale de la Cour des comptes imposant de mentionner sur chaque note de restaurant le nom des convives ne sont pour ainsi dire jamais respectées. Difficile de comprendre que les mandats de paiement aient pu être validés.

Ces abus n’ayant que trop duré, je vous demande, Monsieur le maire, de prendre les mesures qui s’imposent et d’exiger désormais que le nom des convives figure sur toutes les notes de restaurant. La Ville ne s’en portera que mieux.

 

 

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