Budget primitif 2013

Monsieur le maire, Chers collègues,

Acte majeur de l’exercice, le budget primitif est l’instrument de votre action politique.

Il importe donc de ne pas s’arrêter aux seuls grands équilibres budgétaires, mais d’apprécier dans quelle mesure son exécution se traduira par des réalisations concrètes, susceptibles d’influer sur le développement de la ville et le service rendu à ses habitants.

Une fois n’est pas coutume, nous l’aborderons sous l’angle du particulier avant de s’attacher à des considérations d’ordre plus général.

A Monsieur l’adjoint aux finances, qui insiste sur la transparence et la bonne gestion, nous répondrons que ces critères n’ont pas de sens au stade du prévisionnel.

Seul le compte administratif présentant le résultat de l’exercice nous dira si votre gestion aura été saine ou non.

On peut toutefois regretter, qu’en période de crise économique, vous ne parveniez pas à maîtriser les dépenses de fonctionnement, dont le rythme d’évolution (+5,58%) dépasse toujours celui des recettes (+4,76%).

A terme, cela signifie que nos marges se réduiront et ce, d’autant que nous aurons à subir l’effet croisé de la baisse programmée des dotations d’Etat et de l’explosion des transferts de charges, avec déjà pour 2013 : +7,61% de participations intercommunales et +35,97% de subventions d’équilibre aux régies municipales déficitaires. (Rapport page 27)

Quant à l’insuffisance des investissements, vous tentez de répondre à nos critiques en privilégiant les dépenses dites de propriétaire (réfection de voiries et réseaux, entretien de bâtiments), alors qu’une bonne gestion commanderait de les lisser dans le temps grâce à un plan d’intervention pluriannuel.(Cf. nos précédentes interventions depuis 2005)

Sinon comment expliquer que l’on soit passé de 10 M€ de dépenses en 2006 à 23 M€ aujourd’hui ? Hormis l’approche des élections municipales, rien ne justifie de telles fluctuations.

Mais finalement cette querelle de chiffres n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est que ce projet de budget traduit votre vision de la ville et de son évolution à long terme.

Vous avez donc raison, Monsieur le maire, de dire qu’il en va de notre conception de la Cité et de la manière dont ses habitants la vivent.

Or, de ce point de vue, le compte n’y est pas non plus.

Votre projet de budget est historique, non pas par son contenu, mais par le fait qu’il est le dernier que vous aurez à exécuter dans son intégralité avant que les Thononais ne soient appelés à sanctionner votre action.

Dès lors, ce qui importe, ce n’est pas tant ce que vous proposez de faire, mais plutôt ce que vous n’aurez pas fait en dix huit ans. Après trois mandats, vous ne pouvez plus en effet vous réfugier derrière un prétendu droit d’inventaire.

S’agissant de l’aménagement du territoire, il vous aura fallu huit ans pour mettre en place un plan local d’urbanisme (PLU), alors que vous aviez fait de l’urgence à se doter d’un tel outil un argument de campagne en 1995 !

Depuis 2003, chacun aura pu se convaincre des insuffisances de ce document et il était, à notre sens, de votre responsabilité de faire aboutir, avant la fin de ce mandat, la révision lancée il y a maintenant trois ans…

L’opération de restructuration du quartier DESSAIX est un autre exemple qui confine au fiasco. Faut-il vous rappeler que l’instrument de maîtrise foncière (ZAC) a été mis en place en 1994, soit il y a près de vingt ans ?!

Comment justifier dans ces conditions que vous ayez été si peu proactif, laissant au privé le bénéfice de l’inflation et parfois même de la spéculation foncière.

Vos atermoiements concernant le second passage sous la voie ferrée en centre-ville ne trouveront pas mieux grâce à nos yeux.

Après avoir vilipendé vos prédécesseurs, voilà que vous vous ralliez à la solution qu’ils préconisaient ; mais cette fois au prix fort, puisque vous avez renoncé entre-temps à une rétrocession gratuite des terrains nécessaires !

L’amélioration des liaisons de part et d’autre de la voie ferrée représente pourtant un enjeu majeur à l’horizon du projet CEVA et de l’augmentation corrélative du trafic ferroviaire.

L’économie reste le parent pauvre de votre action. Et ce ne sont pas les friches de l’ex Centre international de séjour à la Grangette et de l’hôtel Belle-Rive au port qui renforceront notre attrait touristique.

Enfin, votre incapacité à fédérer les élus des communes voisines autour d’une communauté d’agglomération sera à coup sûr votre plus grand échec, de nature politique celui là.

Au delà du temps et de l’argent perdus, c’est votre absence de vision et le manque de cohérence dans votre action qui sont en cause.

Autant dire que durant ces dix huit ans, vous n’avez pas su construire les bases d’un Grand Thonon, capable d’entraîner un territoire et de relever les défis liés à notre situation frontalière unique et à la forte croissance démographique que nous connaissons.

Pour ces raisons et d’autres que nous avons exposées lors du débat d’orientation budgétaire, nous nous abstiendrons sur ce projet de budget.

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