Budget primitif 2004

Conseil municipal du 17 décembre 2003

Délibération relative à l’approbation du Budget primitif 2004

Monsieur le maire, Chers collègues,

Ce projet de budget marque une nouvelle étape dans la gestion de notre collectivité et nous projette du même coup dans la seconde moitié du mandat qui vous a été confié par la majorité de nos concitoyens. Vous ne serez donc pas surpris d’entendre qu’il me tarde que le suffrage universel se saisisse à nouveau de votre bilan.

Comme à l’accoutumée, je lis, ici ou là, que ce projet de budget serait «offensif», « ambitieux » et qu’il contribuerait à soutenir l’économie locale.

Si d’offensive il s’agit, ce n’est certainement pas de celles que l’on mène contre les gaspillages. Vos dépenses de gestion ne sont toujours pas maîtrisées et continuent d’augmenter plus vite que les recettes ; surtout si l’on fait abstraction des hausses d’impôts votées cette année et qui viendront naturellement abonder le budget communal pour environ 1 530 KEuros.

Si d’ambition il s’agit, ce n’est sûrement pas de celles qui sont à même de répondre aux défis qui se présentent à nous :

Défi du grand âge d’abord, avec la nécessité d’accompagner les efforts de nos partenaires institutionnels ou privés pour offrir à nos anciens les structures et services adaptés à leurs besoins. Or, je ne peux que constater la régression de 26 % de votre budget d’investissement dans ce domaine par rapport à 2003.

Défi du tourisme et de l’économie ensuite, avec un investissement record de … 1 824 Euros au titre du développement économique ! Et votre sempiternel argument du transfert de cette compétence au SIAC via le contrat global de développement n’y changera rien. Les thononais lisent en effet comme moi, que tel ancien directeur de l’Office du tourisme s’émeut du choix de touristes toujours plus nombreux de délaisser notre cité au profit de cieux plus accueillants ; ou encore que des services publics comme La Banque de France ou EDF/GDF quitteront notre ville ou tout au moins envisagent de le faire.

Vous comprendrez dans ces conditions mon inquiétude quant à l’avenir de notre ville. Thonon ne doit pas être seulement un lieu de villégiature pour retraités aisés, il nous faut relancer son développement, notamment en améliorant l’offre de formations qualifiantes et en favorisant l’implantation de nouvelles entreprises.

Non décidément votre budget n’a rien qui puisse nous faire rêver. Et la construction d’un skate park ou de vestiaires aux serres municipales n’y change rien.

Vous vous targuez de présenter un autofinancement record, alors qu’il est exclusivement fondé sur la hausse historique des taux d’imposition (la seconde du nom après le tour de passe-passe du SIDISST).

L’épargne nette est donc négative si l’on neutralise la manne fiscale et si un satisfecit doit être décerné, c’est aux contribuables qu’il convient de l’adresser.

Concernant l’endettement, Monsieur BUQUIN semble découvrir que le ratio annuité / recettes réelles de fonctionnement s’améliore lorsque les impôts augmentent. Il s’agit en fait d’un simple effet mécanique et rien en cela ne procède d’une bonne gestion. Chacun peut aisément comprendre qu’en prélevant plus d’impôts, on a moins besoin d’emprunter…

Vous êtes en réalité incapable de dégager la moindre économie de gestion et ce, alors même que nous sortons d’une période exceptionnelle marquée par un allègement important de certaines dépenses obligatoires. Je veux parler notamment de la baisse continue depuis 1994 des taux d’intérêt, de celle liée à la création du SIDISST (vous avez transféré les dépenses mais conservé les recettes), ou encore de la diminution de la part communale aux dépenses d’action sociale du Département en 2000.

A cela s’ajoute l’augmentation continue des dépenses de personnel, sans que pour autant, vous soyez en mesure de justifier d’une amélioration corrélative du service rendu à la population. Un exemple, vous aviez annoncé, en grande pompe, l’embauche de 10 policiers municipaux pour prétendument lutter contre l’insécurité. Or, je constate que vous prévoyez une hausse de 50 % du produit des amendes, ce qui laisse à penser que ces agents seront entièrement affectés à la distribution des « contredanses » de stationnement en 2004 et non pas aux tâches pour lesquelles ils avaient été employés. Les thononais apprécieront…

Pis encore, votre gestion à l’investissement est désastreuse.

Pas un programme qui ne soit la source de dérapages budgétaires et financiers inacceptables. Je veux parler du rond-point de Létroz, de la MAL, de la capitainerie et maintenant des avenues de Genève et du Général De Gaulle avec un coût final de 26 MF !!

A ce propos, je m’interroge sur les raisons du quasi-doublement des «provisions pour remplacement du mobilier urbain suite à accident ».
Est-ce à dire que vous avez déjà tiré les enseignements des premiers mois de fonctionnement de ces avenues et que vous anticipez sur les conséquences des erreurs de conception qui les rendent particulièrement accidentogènes ?

De la même manière, je ne peux que m’interroger sur l’importance du budget « informatique » (plus de 2,8 MF) et donc sur l’opportunité d’envisager d’autres modes de gestion comme par exemple la location avec ou sans maintenance.

Enfin, et pour rebondir sur les propos de Monsieur CONSTANTIN, j’ai peur que l’apparente stabilisation du budget «communication» ne soit qu’une vue de l’esprit puisque vous dépensez 23 000 euros pour un site Internet, qui, j’en suis convaincu, ne manquera pas de venir utilement compléter votre dispositif de propagande électorale.

Pour ces raisons et d’autres que j’ai déjà exposées, je ne voterai pas ce projet de budget.

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